
C’est un essai de Julien Gracq qui a inspiré le choix du titre : En lisant en écrivant, ce double mouvement, exprimé à travers le double gérondif, sans virgule séparant les deux verbes, pour évoquer un mouvement d’inspiration réciproque.
« On écrit d’abord parce que d’autres avant vous ont écrit », dit-il.
Lire un texte enrichissant produit une prise de conscience. Il s’agit souvent de reconnaître dans un texte un reflet de soi-même, un point obscur de notre vie que l’on n’a pas encore eu la possibilité de verbaliser.

« De lire cet écrivain constitue une forme de catharsis » m’a confié un de mes étudiants un jour, c’était peut-être justement à propos de Perec. « Toute lecture ne devrait-elle pas se réaliser ainsi ? »
La résonance que le texte produit en nous n’est pas forcément thématique, il peut être question d’une scène ou d’une métaphore bouleversante qui se fusionne à notre propre expérience et l’adopte, il peut s’agir d’un rythme, d’une simple phrase, telle la phrase de Proust qui avait permis au lauréat du Prix Nobel de littérature J.M.G. Le Clézio de découvrir toute une œuvre : « C’était la phrase évoquant le timbre de la sonnette du jardin qui retentissait à l’arrivée de Swann, dans Du côté de Chez Swann, » nous confie-t-il dans un entretien. « Cette sonnette-là m’a éveillé ; là était pour moi aussi sans doute l’entrée. »